Salut les caramels. Aujourd’hui, je reviens d’entre les mort·e·s pour te parler d’un sujet qui me tiens à cœur, tel une lettre ouverte.
« Être différent n’est ni une bonne chose, ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous même. » – Albert Camus
Aujourd’hui, j’ai un truc à vous dire. Vous allez probablement n’en avoir rien à foutre, comme de votre première cuite, votre premier mot ou le nom du chat du voisin. Ca va peut-être en choquer certains, voir les braquer et ça, ma foi, je m’en contrefous : je ne suis pas là pour déconstruire les gens, pour leur apprendre la tolérance et que l’être humain n’est que nuance. De toute façon, je ne peux pas avoir le déclic à leur place. Pour la grande majorité, je pense que ça va se séparer en 3 catégories :
1. Ceux qui vont accepter et comprendre.
2. Ceux qui vont accepter mais pas comprendre.
3. Ceux qui vont s’en foutre.
Maintenant que les bases ont été posé, je voudrais vous raconter quelque chose.
Je suis né·e le 12 janvier 1998, cinq ans après que l’OMS ait arrêté de considérer l’homosexualité comme une maladie mentale et seize ans avant que Kye Rowan ait créé le drapeau aux quatre bandes jaune, blanche, violette et noire.
Tout·e petit·e, je bricolais, je pataugeais, je me prenais pour un·e dur·e à cuire. Je me posais même pas la question : j’étais un être humain. Rien de plus. Puis j’ai commencé à comprendre que mon corps pouvait être l’objet de perversions, un morceau de viande sexualisé pour certaines personnes [ TW : Agression > https://lacarameute.home.blog/2019/10/29/me-too/ ].
Ensuite, j’ai compris que les gens ne supportent vraiment que très mal les différences, même les plus débiles et insignifiantes : le langage, le niveau de connaissance, les centres d’intérêts, le physique, la tenue vestimentaire, … [ TW : Harcèlement scolaire > https://lacarameute.home.blog/2019/09/15/stop/ ].
J’ai finis par comprendre que j’étais bel et bien différent·e. Que non, je ne suis pas dans la moyenne, pas binaire. Que ce que je ressens au plus profond de moi depuis toujours et mes caractéristiques physiques ne sont pas des étrangetés, des délires du moment, une manière de vouloir se distinguer des autres. Puis j’ai vécu avec sans mettre de mot dessus, parce que même si je m’acceptais comme ça, j’avais la sensation d’être en dehors de la norme. Et ce monde noir ou blanc me l’avait déjà assez fait payer. J’ai rencontré virtuellement G.M, qui m’a ouvert·e la porte sur un monde qui me paraissait étrange, mais proche de mes valeurs et ressentis. Qui m’a fait connaître des artistes, des communautés. J’ai ensuite connu plusieurs médias sensibilisés à la question.
Ca fait donc un moment maintenant que j’ai trouvé le terme large qui correspond. Mais pas vraiment celui qui collait exactement dans ce large spectre. Alors j’ai parlé avec des gens. Comme on dit :
« Il faut un village pour élever un enfant. »
Et quel fabuleux village : G.M, G.L, V.D, T.H, N., K., et tant d’autres. Des serveurs, des communautés, des groupes. J’ai enfin su dans quelle case me ranger, puisqu’il en fallait une. Et bordel, ça aussi ça a été tout un débat : les étiquettes. C’est nul, ça cloisonne, mais ça aide à s’identifier pour soi et pour les autres et ça rassure. Mais au moins, je sais ce que je suis. Et à tous, je leur dis merci aujourd’hui de m’avoir aider dans mon cheminement et ma quête identitaire.
Mais la pression sociétale, la peur du jugement, du rejet, la peur de revivre une nouvelle fois avec les conséquences d’une différence m’effrayait. Alors j’ai gardé ça pour moi. Jusqu’au jour où j’ai commencé à imploser. Et E. aussi d’ailleurs, parce qu’iel était dans le même cas, mais ne pourra probablement jamais l’assumer comme je le fais aujourd’hui avec ses proches. On a partagé nos identités, tel des agents doubles, dans cette voiture gelée. Et j’ai finis, plus tard, par en parler à G.L.
Enfin, j’en ai eu marre. Marre de me cacher, de faire semblant, de me corriger faussement. De jouer un rôle selon le milieu social où j’étais. J’ai eu mon déclic et je le dois entre autre à N. (et à deux œuvres sur le sujet de ce que je suis en train de faire actuellement).
Merci N., si tu savais.
Alors voilà.
Je suis né·e le 12 janvier 1998, quatorze ans avant la création de la journée internationale de la non binarité. Seize ans avant la création du drapeau aux couleurs de cette identité de genre. Et j’ai pris la décision d’être qui je suis vraiment : un être humain pangenre, qui désormais va sûrement recevoir des questions, des préjugés. Mais qui restera la même personne et qui va enfin pouvoir être qui elle veut. Elle, il ou iel.
Ressources :
1. https://tetu.com/2021/07/14/journee-internationale-de-la-non-binarite-reprenons-les-bases/
2. https://www.madmoizelle.com/genre-non-binaire-explications-243141
3. http://www.lgbt-lux.be/je-suis-non-binaire/
N’hésitez pas à enrichir les ressources en commentaires, si vous connaissez de sites safes niveau définition !

Le rose foncé représente la transition vers les genres qui sont reliées aux genres féminin et masculin.
Le violet/rose clair représente la combinaison des genres féminin et masculin.
Le blanc représente le mélange de tous les genres.

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